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COLLOQUES


TRAFICS D’INFLUENCES : NOUVELLES APPROCHES D’UNE QUESTION COMPARATISTE


Introduction

Nicolas Aude


Université Paris Nanterre
Centre de recherches « Littérature et poétique comparées »

 

La notion d’influence a perdu le rôle central qu’elle jouait dans l’art de « construire des comparables »1. À trop réduire cette notion à l’outillage conceptuel de l’histoire littéraire positiviste, l’on en oublierait presque que le terme fait également partie du vocabulaire des écrivains qui l’ont eux aussi massivement employé, en particulier durant les deux derniers siècles, pour penser leurs pratiques. Derrière les usages du concept chez les philologues, les historiens et autres comparatistes des années 1920, les écrivains savent souvent reconnaître une métaphore morte qu’ils réinvestissent de significations vives. Ils y trouvent aussi des ressources sémantiques pour nommer les réalités difficiles à énoncer qui forment leur expérience. Afin d’entrer dans le vif du sujet, intéressons-nous à ce que les auteurs disent de l’influence et de tous les rapports de dérivation entre le même et l’autre.

Le poète Percy Bysshe Shelley, par exemple, est l’exact contemporain des deux pères de la philologie allemande, Karl Lachmann et August Boeck. Au moment même où ces derniers établissent le programme d’une science des textes vouée à la reconstitution rigoureuse de leurs parcours, à l’identification de leurs provenances et à l’établissement de la meilleure lectio possible, Shelley nomme influence la part d’incompréhensible dans les lettres :

La poésie n’est pas, comme le raisonnement, une faculté que l’on peut exercer selon la détermination de la volonté. Personne ne peut dire : « Je vais composer de la poésie. » Même le plus grand poète ne peut le dire : car l’esprit en train de créer est comme une braise inconstante en qui quelque influence invisible, tel un vent irrégulier, éveille une lueur passagère ; ce pouvoir vient de l’intérieur, comme la couleur d’une fleur qui passe et change à mesure qu’elle se développe, et les parties conscientes de notre nature ne peuvent prophétiser ni sa venue ni son départ.2

Dans Defence of poetry, essai posthume datant de 1821, le poète identifie l’influence à un je-ne-sais-quoi qui fait corps avec le mythe de l’inspiration spontanée. Comparée à un « vent irrégulier », l’influence est ce courant d’énergies qui traverse le sujet de l’écriture, cette dernière étant conçue comme un champ de forces incontrôlées. Un siècle plus tard, Hugo von Hofmannstahl peut écrire lui aussi : « Nous ne possédons pas notre moi. Il souffle sur nous de l’extérieur, nous fuit pour longtemps et nous revient comme un soupir »3. Chez Shelley, l’influence-inspiration vient toutefois de l’intérieur comme la « couleur d’une fleur qui passe et change ». Ce compromis entre la perméabilité du moi et l’affirmation romantique d’un idéal autarcique révèle d’emblée la principale ambiguïté de tous les présupposés épistémologiques qui fondent l’usage de la notion d’influence. Cette ambiguïté se manifestera aussi dans les dernières lignes de l’essai à travers l’identification paradoxale du poète à une « influence qui n’est pas animée, mais qui anime »4 (« the influence which is moved not, but moves »).

Comme le suggère Michel Schneider, la figure de ce vent pénétrant l’enveloppe du moi est ancienne. Shakespeare filait déjà la métaphore dans l’une de ses comédies : « […] tu n’es qu’un souffle, assujetti à toutes les influences astrales »5 (a breath tou art, servile to all skiey influences). Pour le psychanalyste, le trajet des mots d’un texte à un autre indique le point nodal de toute réflexion sur l’influence où « l’incertitude quant à l’appartenance des livres rejoint la fragilité quant à la permanence et à l’identité du moi »6. Au souffle de l’influence qui pénètre et relie des individualités pourtant séparées et distinctes s’ajoute une deuxième isotopie : celle du cours d’eau. Dans sa célèbre conférence de 1900 intitulée De l’influence en littérature, il revient à André Gide de déplier le sens de ces figures qui traversent l’histoire littéraire de son temps :

Aujourd’hui nous ne savons plus à quelle source boire – nous croyons trop d’eaux salutaires, et tel va boire ici, tel va là. C’est aussi qu’aucune source unique ne jaillit, mais que les eaux, surgies de toutes parts, sans élan, sourdent à peine, puis restent sur le sol, stagnantes – et que l’aspect du sol littéraire, aujourd’hui, est assez proprement celui d’un marécage. Plus de puissant courant, plus de canal, plus de grande influence générale qui groupe et unisse les esprits en les soumettant à quelque croyance commune, à quelque grande idée dominatrice – plus d’ÉCOLE, en un mot...7

Toute la démonstration de Gide oscille dans ce texte entre deux échelles de l’influence ainsi qu’entre deux classes de phénomènes qui recoupent, selon lui, la distinction entre les « influences communes » et les « influences personnelles »8. L’écrivain s’érige explicitement contre le déterminisme historique d’un Hippolyte Taine qui, durant la seconde moitié du XIXe siècle, tenta de rendre compte de la genèse de chaque individu à partir d’une même triade explicative formée par la race, le milieu et le moment9. Bien qu’il se fasse l’apologiste des influences particulières, l’auteur de Paludes n’en déplore pas moins ici, à grand renfort de métaphores hydrauliques, l’absence d’une « grande influence générale » qui, telle un courant puissant, pourrait sortir l’époque de son marasme. La remotivation sémantique des termes du lansonisme (sources, courant, influence, école) développe une pensée de l’histoire littéraire comme paysage où transparaît, en dépit du défaut d’ordonnancement, l’expérience d’une intersubjectivité multiple.

D’autres métaphores sont utilisées couramment pour penser les relations qui tissent la mémoire des œuvres : impacts, greffes, filiations, échos, emprunts, autant de termes qui ont vocation à nommer les rapports du nouveau et du déjà-là, récemment replacés au centre de l’attention critique par un très bel essai de Judith Schlanger10. La fabrication de concepts peut impliquer tout au contraire de ne pas choisir, de renoncer à puiser dans ce répertoire pour tenter de faire table rase. L’explication du succès remporté par certaines notions relativement récentes – pensons à l’intertextualité de Julia Kristeva ou au transfert culturel de Michaël Werner et Michel Espagne – réside en partie dans le fait qu’elles paraissent restituer au raisonnement scientifique son « vecteur d’abstraction »11. La critique bachelardienne de l’analogie comme obstacle épistémologique n’est d’ailleurs pas tout à fait absente des critiques émises par Werner et Espagne à l’encontre de l’influence et de sa « dimension magique »12.

Les deux directions figurales dégagées par la comparaison des textes de Shelley et Gide permettent néanmoins d’organiser un premier champ de réflexions. Observée chez Shakespeare, Shelley ou encore chez Hoffmanstahl, une première métaphore, que l’on peut qualifier d’éolique, pense l’influence comme une interaction mystérieuse entre un dedans et un dehors. Derrière l’image de ce souffle qui englobe les entités individuelles et qui les rend poreuses, l’on voit apparaître l’origine astrologique d’une notion qui se situe au point d’intersection de nombreuses théories du déterminisme. Contre les effets jugés néfastes de certaines configurations astrales, François Villon proteste dès le XVe siècle de la liberté du poète en affirmant qu’« homme sage […] a puissance sur planètes et sur leur influence »13. La dimension ésotérique de ce modèle d’action à distance ne disparaît jamais tout à fait, y compris durant l’époque moderne, comme l’atteste le succès des théories du « magnétisme animal » de Franz-Anton Mesmer. Le changement d’épistémè survenu à la fin du XVIIIe siècle semble néanmoins avoir substitué aux fantaisies astronomiques l’appréhension systématique d’un nouveau mode de détermination. L’influence du cadre social sur une conscience individuelle, partant sur une œuvre, tel sera l’objet privilégié de la science littéraire, quoique la notion d’influence laisse absolument ouverte la question des médiations. À rebours de l’immanentisme qui a pu prévaloir durant les grandes heures de la critique formaliste, l’influence demeure le nom d’un irréductible au-delà du texte.

Si l’influence peut être qualifiée à juste titre de notion « pan-épistémique »14, dépassant largement le champ des études littéraires comparées, c’est aussi parce qu’elle manifeste, à la racine des faits observables, le tremblé ontologique des identités. Le processus d’individuation littéraire a eu beau s’accélérer à partir de l’âge romantique, les représentations éoliques de l’influence ont servi, quant à elles, à déplacer la ligne de partage entre le même et l’autre, entre le propre et le commun. À terme, sortir l’écriture de son esseulement revient à postuler un « communisme des mots »15 qui peut se heurter au risque d’une sanction pénale, lorsque le glissement d’un texte à un autre débouche sur la forme paroxystique du plagiat. Sensibles à la variété transtextuelle des emprunts littéraires, depuis l’allusion discrète jusqu’à la contrefaçon plagiaire éhontée, les études comparatistes ont répudié l’approche psychologisante que sous-tendait la notion d’influence. La discipline semble néanmoins devoir fatalement retrouver celle-ci sur son chemin dès lors qu’elle tente d’appréhender cette circulation des formes à travers les lignes de force géopolitiques et les logiques de dépendance propres à la « république mondiale des lettres »16. Reste à nous demander si, après les succès de la déconstruction derridienne, l’outillage vintage de l’histoire lansoniste peut encore s’avérer opératoire pour penser l’hétérogénéité des identités postmodernes et les nombreuses bifurcations des histoires postcoloniales.

C’est précisément ce thème de la bifurcation que semble interroger la deuxième métaphore filée dégagées plus haut qui peut être qualifiée de fluviatile. En effet, la description du « sol littéraire » proposée par Gide évoque, sans la rejoindre tout à fait, l’image du pays de Guermantes que le jeune narrateur de la Recherche conserve de sa première lecture de Bergotte :

[…] il me semblait avoir sous les yeux un fragment de cette région fluviatile que je désirais connaître depuis que je l’avais vue décrite par un de mes écrivains préférés. Et ce fut avec elle, avec son sol imaginaire traversé de cours d’eaux bouillonnants, que Guermantes, changeant d’aspect dans ma pensée, s’identifia...17

Chez Gide – et peut-être même chez Proust –, la métaphore du cours d’eau rapporte la notion d’influence aux modélisations du temps littéraire et à sa linéarité chronologique. Outre la référence aux vents invisibles et aux fluides éthérés qui présupposent une action mystérieuse à distance, penser l’influence comme un flux continu revient à insister davantage sur l’idée d’une succession temporelle. Associé au paradigme indiciaire du XIXe siècle, le projet philologique a pu avoir pour ambition de reconstituer la genèse des œuvres, d’en énoncer le récit cohérent et d’en recenser exhaustivement les traces au sein des textes. De ces modalités d’enquête sur les sources et les influences découle une conception linéaire du temps aujourd’hui largement contestée.

L’une des principales remises en cause de la linéarité du temps littéraire émane des travaux, aujourd’hui bien connus, du critique américain Harold Bloom. Ce dernier propose en effet une vision originale de la relation unissant l’influenceur et l’influencé :

L’influence poétique – lorsqu’elle implique deux poètes forts et authentiques – procède toujours d’une mélecture du poète antérieur : un acte de correction créative qui, de facto, s’avère nécessairement une mésinterprétation. L’histoire de l’influence poétique féconde – autant dire la principale tradition de la poésie occidentale depuis la Renaissance – est une histoire de l’angoisse, de la caricature autoprotectrice, de la distorsion, du révisionnisme pervers et volontaire, sans lesquels la poésie moderne en tant que telle ne saurait exister.18

Harold Bloom ne conteste en aucune façon l’autorité des maîtres ni celle de la tradition, comme en témoignent ses travaux ultérieurs consacrés au « canon occidental »19. À travers la notion de « mésinterprétation » (misreading), c’est néanmoins la nature profondément ambivalente du lien de transmission qui se trouve mise en lumière. Chez Bloom, en effet, admirer un modèle implique nécessairement de le rejeter, hériter veut dire presque toujours trahir et transmettre signifie principalement transformer. Dans « Kafka et ses précurseurs » (1951), Borges affirmait déjà : « Le fait est que chaque écrivain crée ses précurseurs. Son apport modifie notre conception du passé aussi bien que du futur.»20. Sensibles au point de vue de l’écrivain argentin, plusieurs théoriciens contemporains ont proposé de remonter franchement le fleuve du temps littéraire pour en inverser le sens univoque. Qu’on les nomme « influence rétrospective » ou « plagiat par anticipation »21, les nouveaux modèles temporels proposés par Pierre Bayard ont vocation à tracer sur le sol imaginaire de la littérature de nouvelles lignes généalogiques. Ces lignes seront désormais émancipées du modèle à sens unique de l’influence, quitte à ce que les chercheurs cèdent au vertige infini des rapprochements. Inspirées par l’« hantologie »22 de Jacques Derrida, les notions de revenance et de textes fantômes semblent elles aussi venir concurrencer les représentations traditionnelles de l’influence pour initier d’autres façons de penser la succession des œuvres ainsi que d’autres manières d’hériter.

C’est cette grande histoire moderne du concept et de son dépassement qu’a choisi de retracer Jérémy Naïm dans un article intitulé « Grandeur et décadence de l’influence dans l’histoire littéraire ». Des écrits de Louis de Bonald à la sociologie de Pierre Bourdieu, l’auteur tente de comprendre les raisons de son omniprésence dans le métadiscours critique avant d’évoquer l’inexorable déclin de cet « opérateur de mise en relation » durant le XXe siècle. L’article interroge finalement le rendement épistémologique d’une notion qui a peut-être encore son rôle à jouer dans ce que Jérémy Naïm nomme une « histoire des formes ».

Mettre cette vieille notion comparatiste à l’épreuve de la poétique, de la théorie des genres et de l’histoire des formes, tel est le but affiché de l’article de Julitte Stioui qui étudie les anamorphoses du genre de l’essai depuis Montaigne jusqu’à Virginia Woolf. En posant la question du modèle, l’auteure montre, à partir d’une analyse précise des textes, la permanence d’une conception résolument fluide de l’identité individuelle qui atteste, à partir de l’influence, d’une véritable « sagesse de la métaphore ».

Manon Amandio, quant à elle, envisage le mesmérisme comme la matrice pseudoscientifique moderne de nombreux phénomènes d’influence qui s’entrecroisent tous dans l’œuvre d’Edgar Allan Poe. En partant de l’influence magnétique telle qu’on la trouve thématisée dans plusieurs nouvelles de l’auteur américain, l’article souligne l’importance des théories de Franz-Anton Mesmer dans la construction de l’image auctoriale du Poe influenceur et, partant, précurseur de nouvelles formes narratives.

Confronter la « pensée de l’influence » aux paradigmes postcoloniaux constitue un tout autre défi, relevé par Pierre Boizette dans une étude du parcours de l’écrivain d’origine congolaise Valentin-Yves Mudimbe. Œuvrant pour la subjectivation de la pensée africaine postcoloniale, l’essayiste invite son lecteur à situer le phénomène de l’influence « à la jonction du politique et du littéraire ». Son œuvre contribue dans le même temps à substituer aux schémas linéaires de la transmission une conception dialogique des identités et des échanges culturels réciproques qui les nourrissent.

Consacré à l’empreinte du prologue rabelaisien dans les discours comiques de Bruscambille, l’article de Flavie Kerautret confronte la question de l’influence aux doctrines classiques de l’imitation. Comme elle le rappelle, l’autorité d’un auteur du début du XVIIe siècle procède de sa capacité à s’approprier des modèles et donc à « augmenter » une tradition, au sens étymologique d’augere. L’étude des prologues permet néanmoins de constater la nécessité d’un « déplacement du principe influant » : parti du rapport d’imitation, le principe explicatif des textes glisse vers le support, les prologues de Bruscambille ayant été d’abord conçus pour la performance théâtrale avant de prendre place dans la forme du recueil imprimé.

De manière similaire, l’article de Cécile Serrurier fixe lui aussi son attention sur la réalité médiologique du recueil. L’étude comparée de deux poètes traducteurs sud-américains, Raimundo Correia et Rosendo Villalobos, invite selon l’auteure à un « déplacement du regard critique ». Répudiant le modèle linéaire de l’influence qui irait seulement d’un texte-source vers le texte-traduit et son environnement, ce regard se concentre sur l’unité du recueil et sur les multiples intersections créées par ce support tout en valorisant l’épaisseur socio-historique que confère aux études de traduction le maniement de la notion de transfert culturel.

Les articles de Roberta Capotorti et Célia Veira continuent de mesurer la pertinence du concept à l’aune de nouveaux modèles théoriques. Parmi ces modèles venus contester récemment la représentation linéarisée du temps des œuvres, Roberta Capotorti retient celui de l’« influence rétrospective » dont elle perçoit l’émergence déjà chez Marcel Proust. En comparant plusieurs épisodes de la Recherche avec l’œuvre du romancier italien Giorgio Bassani, son article s’intéresse à la dialectique de l’influence rétrospective et du regard prophétique que met en jeu, selon elle, l’utilisation d’un procédé stylistique commun aux deux écrivains : l’ « anachronisme analogique ».

De son côté, Célia Veira propose un bilan des travaux d’histoire littéraire inspirés par les théories économiques du « système-monde ». Sa lecture des relations d’influence en termes d’interférences asymétriques se rapporte effectivement au cadre élargi d’une littérature-monde indissociable du système économique globalisé. Pour évaluer la pertinence de ces réflexions, l’auteure se penche sur le cas précis des littératures ibériques de la fin du xixe en insistant sur les stratégies de légitimation qui structurent les échanges entre ces littératures semi-périphériques et le méridien de Greenwich du monde littéraire de l’époque que constitue le naturalisme français.

C’est finalement Sébastien Wit qui conclut la réflexion du présent recueil née d’un séminaire de recherche mensuel ayant débuté en octobre 2014 et qui s’est achevé sur une journée d’études à l’université Paris Nanterre en mai 2016. Appuyée sur les résultats des différentes contributions, cette conclusion défend la légitimité d’une démarche d’investigation qui, au vu des différentes contributions, ne s’identifie aucunement à un quelconque combat d’arrière-garde.

Partagés entre les conceptions éoliques et les représentations fluviatiles de l’influence, nous nous demanderons en définitive si une définition unique peut surgir d’une telle enquête. À son disciple Eckermann qui l’invitait à développer le chapitre des influences tant le sujet lui semblait important et riche, l’inventeur de la notion de Weltliteratur aurait rétorqué en 1829 : « Il n’est même que trop riche, […] car en somme tout est influence, si tant est que nous ne le soyons pas nous-mêmes »23.




1 Marcel Détienne, Comparer l’incomparable, Paris, Seuil, 2000.

2 Percy Bysshe Shelley, Défense de la poésie (1841), trad. de l’anglais F. Lemonde, Paris, Payot & Rivages, 2001, p. 101.

3 Hugo von Hofmannstahl, « L’entretien sur les poèmes », in Lettre de Lord Chandos : et autres essais, trad. de l’allemand A. Kohn et J.-C. Schneider, Paris, Gallimard, 1980, p. 104.

4 Percy Bysshe Shelley, Défense de la poésie, op. cit., p. 116.

5 William Shakespeare, Mesure pour mesure, trad. de l’anglais J.-M. Déprats, dans Comédies, Paris, Gallimard, « Bibliothèque de la pléiade », 2016, t. 2, p. 1040-1041.

6 Michel Schneider, Voleurs de mots : essai sur le plagiat, la psychanalyse et la pensée, Paris, Gallimard, 1985, p. 12.

7 André Gide, De l’influence en littérature (1900), in Essais critiques, Paris, Gallimard, « Bibliothèque de la pléiade », 1999, p. 412.

8 Ibid., p. 404.

9 Hippolyte Taine, Histoire de la littérature anglaise, Paris, Hachette, 1863, t. 1, en particulier l’introduction méthodologique, p. III-XLIX.

10 Judith Schlanger, Le Neuf, le différent et le déjà-là : une exploration de l’influence, Paris, Hermann, 2014.

11 Gaston Bachelard, La Formation de l’esprit scientifique (1938), Paris, Vrin, 1980, p. 15.

12 Michel Espagne, « La notion de transfert culturel », in Revue Sciences/Lettres [En ligne], 1 | 2013, mis en ligne le 01 mai 2012, consulté le 03 août 2017. URL : http://rsl.revues.org/219 ; DOI : 10.4000/rsl.219

13 François Villon, « Le débat du cuer et du corps », in Œuvres, éd. L. Thuasne, Genève, Slatkine, 1967, t. 1, p. 287.

14 Jose-Luis Diaz, « Un siècle sous influence », in Romantisme, 1997, n° 98, p. 13.

15 Michel Schneider, op. cit., p. 13.

16 Cf. Pascale Casanova, La République mondiale des lettres, Paris, Seuil, 1999.

17 Marcel Proust, Du côté de chez Swann (1913), in À la recherche du temps perdu, Paris, Gallimard, « Bibliothèque de la pléiade », 1989, t. 1, p. 170.

18 Harold Bloom, L’Angoisse de l’influence (1973), trad. de l’anglais M. Shelledy et S. Degachi, Paris, Aux Forges de Vulcain, 2013, p. 80.

19 Harold Bloom, The Western canon : the books and school of the ages, New York, Harcourt Brace, 1994.

20 Jorge Luis Borges, « Kafka et ses précurseurs » (1851), trad. de l’espagnol R. Caillois, dans Autres inquisitions, in Œuvres complètes, Paris, Gallimard, « Bibliothèque de la Pléiade », 1993, p. 753.

21 Pierre Bayard, Le Plagiat par anticipation, Paris, Minuit, 2008.

22 Jacques Derrida, Spectres de Marx : l’État de la dette, le travail du deuil et la nouvelle Internationale, Paris, Galilée, 1993.

23 Johann-Peter Eckermann, Conversations avec Goethe (1836), trad. de l’allemand J. Chuzeville, Paris, Henri Jonquières, 1930, t. 1, p. 375.



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- Auteur : Nicolas Aude
- Titre : Introduction
- Date de publication : 07-02-2019
- Publication : Revue Silène. Centre de recherches en littérature et poétique comparées de Paris Ouest-Nanterre-La Défense
- Adresse originale (URL) : http://www.revue-silene.comf/index.php?sp=comm&comm_id=212
- ISSN 2105-2816