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COLLOQUES


IDENTITÉS, IMAGE ET REPRÉSENTATION DANS LES ESPACES FRANCOPHONES ET ANGLOPHONES : GENRES ET CULTURES
À propos d’Herculine Barbin : « le vrai sexe » Laurie Laufer

Laurie Laufer


À qui appartient un corps ? Comment se construit une identité ? Par conscience de soi, par assignation par l’autre, par appartenance à une communauté identifiée et normée ? En quoi la question de la sexualité est-elle importante dans la construction identitaire ? Et l’est-elle toujours ? En quoi l’image du corps peut-elle déterminer la construction d’une identité sexuelle ? La fabrique d’un corps échappe-t-elle aux représentations de son temps ? Ce sont ces questions que je souhaite ouvrir avec vous aujourd’hui en partant de ce que l’on peut nommer la « fabrique médicale d’un corps normé ».

 

« Le doute visuel »

Pour déplier ces aspects, je voudrais partir d’un épisode contemporain qui a fait grand bruit dans le monde sportif :

Il s’agit de la mésaventure de Caster Semenya, athlète Sud-Africaine. L'affaire a fait scandale lors des championnats du monde d'athlétisme en août 2009 à Berlin. Les experts se sont interrogés en effet sur le « vrai sexe » de l'athlète sud-africaine qui avait remporté la finale féminine du 800 m, avec beaucoup de facilités. Caster Semenya a dû alors se plier à de multiples analyses sanguines et chromosomiques et a subi des examens médicaux, des tests gynécologiques, des entretiens psychologiques. Selon le quotidien The Sydney Morning Herald Tribune, la championne du monde du 800 m serait hermaphrodite. Le journal australien explique en effet que les examens ordonnés par la Fédération internationale d'athlétisme ont « prouvé » que Semenya possédait à la fois des organes génitaux féminins et masculins. Les rapports médicaux indiquent que la jeune Sud-Africaine n'a pas d'ovaires, mais possède au contraire des testicules internes qui produisent de la testostérone et l'avantagent donc par rapport à ses concurrentes. A la rubrique des sports de différents quotidiens, on peut lire que « Pierre Weiss secrétaire général de la Fédération internationale d’athlétisme a tenu à préciser que des « tests de féminité » étaient actuellement réalisés par des médecins, en Allemagne et en Afrique du Sud, dont les résultats seraient connus dans deux ou trois semaines. "Oui, elle sera à la cérémonie des médailles, a dit Pierre Weiss. Il serait totalement injuste de l'exclure. Il n'y a pas de preuves qu'elle ne soit pas une femme, il y a juste un doute visuel. Pas suffisant pour radier l'athlète. ».

L’athlète n’a jamais été interviewée elle-même, c’est le président de la fédération qui se fait son porte-voix. Le « doute visuel » ôte donc toute parole à la jeune femme. Voici ce que j’ai pu lire dans le journal Le Monde daté du 20 Aout 2009 :

« C'est l'inconnue du 800 mètres, l'invitée inattendue sur la plus haute marche du podium. Une invraisemblable [c’est moi qui souligne] gamine de 18 ans a plané, mercredi 19 août, sur la piste bleue des Mondiaux de Berlin. La Sud-Africaine Caster Semenya a fauché l'or en 1'55''45, meilleure performance mondiale de l'année. La jeune surdouée a surclassé la tenante du titre, arrivée deux secondes plus tard. Une prodige ? Avec sa mine adolescente, sa voix chaude, son duvet, ses muscles hors-normes (comparés au physique maigrichon de ses rivales) et sa démarche pleine de grâce… masculine, [sic], Caster Semenya jette le trouble sur sa féminité. Si la médaillée d'or était un homme ? Ou un hermaphrodite ? Cette question des plus sérieuses est l'objet de recherches de la Fédération sud-africaine et de la Fédération internationale d'athlétisme. »

Les sportives des pays de l'Est des années 1960, qui avaient pris de la testostérone, avaient incité la Fédération internationale d'athlétisme à réaliser des tests salivaires de féminité. En 1992, l'IAAF a décidé de stopper ces tests.  « Ils n'étaient pas sûr à 100% » avait souligné M. Weiss. A cette époque, une Espagnole avait été radiée des épreuves d'athlétisme à la suite d'examens de l'IAAF révélant qu'il s'agissait d'un homme. Des tests ultérieurs avaient prouvé que l'athlète était bien de sexe féminin!

Du côté de la Fédération sud-africaine, et d’après ce que j’ai pu lire dans la presse qui a relaté cet événement, on considère que les choses sont allées trop loin, très vite. Leonard Chuene, le président des la fédération d’athlétisme s'emporte et défend sa jeune protégée : « Malheureusement, les médias ont essayé de mettre une grosse pression. Mais nous continuons à la supporter parce que je crois qu'elle n'a pas commis d'acte criminel. Elle n'a pris aucune substance pour améliorer ses performances. Ce n'est pas une criminelle. Elle ne peut pas être criminelle à cause de son physique ou de sa façon d'être. Je n'ai jamais vu une personne être montrée du doigt sur la base d'un look ou d'un comportement naturel. Elle est désormais au sommet du monde. Elle est jeune et nous la soutenons. Nous lui faisons bien sentir qu'elle n'a rien fait de mal. Le pays est content d'elle. Elle nous a rendus fiers. Elle doit être très heureuse de sa performance ».

Dans cet événement qui aurait pu être de l’ordre de l’anecdote, une jeune femme est privée de sa propre parole et un « doute visuel » sur les caractères secondaires sexuels (musculature, duvet) lui assigne un corps qui n’est pas le sien. Cette affaire rappelle le cas de l'Indienne Santhi Soundarajan. Cette athlète avait perdu sa médaille d'argent du 800 mètres gagnée aux Jeux asiatiques de Doha (Qatar), en 2006, après avoir échoué aux « tests de féminité ». Preuve de la retenue dont les instances internationales devront faire preuve à l'égard de Caster Semenya, Santhi Soundarajan avait tenté par la suite de se suicider.

Une performance corporelle dite « hors norme », un « doute visuel » porté sur un corps de femme qui échappe aux représentations normées et genrées déclenchent une batterie de tests médicaux-psychologiques , appelés « tests de féminité » qui n’ont pour objectif que de construire des correspondances entre les représentations du corps, de l’identité de sexe et du genre.

J’ai été attirée par cet événement lorsque je travaillais sur le texte de Foucault « le vrai sexe », son commentaire des mémoires d’Herculine Barbin. Et ce sont précisément les correspondances qui m’ont intéressée.

Dans Naissance de la clinique, Michel Foucault a démontré la construction historique de la médecine moderne. Pour Foucault, la médecine moderne est née de l’instauration du « regard médical ». « Le regard qui voit est un regard qui domine », écrit-il dans Naissance de la clinique1. Ce regard porte déjà, selon lui, sur un objet constitué à partir d’une norme. Le malade est l’ « objet du regard » et le médecin, « sujet du regard », l’institution ayant à charge de légitimer socialement le dispositif et la relation entre le sujet qui regarde et l’objet regardé. Il s’agit, comme l’indique Foucault, non pas de savoir ce qu’est le pouvoir, mais comment il s’exerce et quelles catégories de sujets il met en place, avec quelles valeurs, quels intérêts et quelles stratégies. Ainsi qu’il l’écrit dans La Volonté de savoir : « Cette forme de pouvoir demande pour s’exercer des présences constantes, attentives, curieuses aussi ; elle requiert un échange de discours, à travers des questions qui extorquent des aveux et des confidences qui débordent les interrogations …. De cela la médicalisation de l’insolite sexuel est à la fois l’effet et l’instrument …. Le pouvoir qui, ainsi, prend en charge la sexualité se met en devoir de frôler les corps, il les caresse des yeux, il en intensifie des régions ; il électrice des surfaces ; il dramatise des moments troubles2. »

Afin de mettre en perspective « la médicalisation de l’insolite sexuel », selon l’expression de Foucault je voudrais me pencher sur les Mémoires d’Herculine Barbin, qui datent du milieu du 19ème siècle, tout en ayant en écho ce que j’ai dit de l’athlète sud africaine. Comme l’écrit Foucault dans L’Ordre du discours : « Il faut concevoir le discours comme une violence que nous faisons aux choses, en tout cas comme une pratique que nous leur imposons3. »

Les mémoires d’Herculine Barbin ont été retrouvées par Ambroise Tardieu, médecin légiste très connu à son époque et déjà célèbre pour son ouvrage fort remarqué : Les Attentats aux mœurs4. Dans ce livre, véritable guide descriptif anatomique, Tardieu dessine la cartographie corporelle de la violence et du crime sexuel, il reconnaît par exemple la forme d’une bouche à sa pratique de la fellation, pratique condamnable à l’époque. Le médecin marche main dans la main avec le juge. Le sexe est d’emblée potentiellement le vecteur du crime. « Dans tous les cas les signes physiques constituent d’excellents moyens pour diriger les recherches de la justice5. »

Ambroise Tardieu invente un corps en fonction de la sensibilité de son temps et, ainsi que l’écrit Georges Vigarello qui présente le livre : « Il faut insister sur cette anatomie “imaginée”. Elle est sous-tendue par la volonté de juger plus que de montrer, mais elle pose un problème plus large que celui du recensement des blessures ou celui du soupçon porté sur la victime. Elle répond à une visée d’identification des individus …. Une façon d’aider à démasquer les suspects …. Il s’agit d’une attente sociale, une inquiétude précise débordant nettement les seuls effets d’agression, une obsession même développée comme jamais avec la société du xixe siècle et l’abandon des anciens ordres : mieux identifier les individus rendus “indistincts” par le brouillage supposé des conditions, mieux les localiser, mieux les surveiller. Le corps “nu” devient un repère interminablement épié, soumis à la sagacité du médecin légiste puisque l’habit ne suffirait plus à révéler l’origine sociale et l’état de chacun6. » C’est donc l’ère du soupçon sur les pratiques sexuelles identifiables par les formes et les conformations des corps.

C’est en 1874 que le Dr Ambroise Tardieu a rendu public un ouvrage scientifique intitulé Question médico-légale de l’identité dans ses rapports avec les vices de conformation des organes sexuels, qui comprenait un manuscrit découvert en 1868, dans une mansarde du Quartier Latin . Auprès de ce manuscrit il y a un corps : celui d’Abel Barbin, âgé de vingt-huit ans, qui venait de se suicider. Abel est né(e) Adélaïde Herculine Barbin (surnommée Alexina par ses proches) et rebaptisé(e) à vingt et un ans, après qu’un tribunal la/le déclare de sexe masculin. Cette décision administrative tient compte de la « prédominance évidente du sexe masculin » d’Abel d’un point de vue physiologique. C’est en 1868 que ce « jeune homme », employé dans une administration de chemin de fer, se donne la mort par asphyxie carbonique. Sur la table, il laisse une lettre adressée à sa mère ainsi qu’un manuscrit intitulé Mes souvenirs7, où il raconte son existence malheureuse, les combats et les souffrances d’une vie pleine de contradictions et de solitude.

Le médecin de l’état civil chargé de faire le constat de décès a l’idée d’examiner les organes génitaux afin de voir si l’individu n’était pas atteint de syphilis, ce qui aurait pu, en partie, expliquer les raisons de l’accablement moral qui l’aurait mené vers le suicide. Lors de cet examen, le Dr Régnier remarque aussitôt, à sa grande surprise, « un cas d’hermaphrodisme masculin des mieux caractérisés8 ». Ambroise Tardieu peut écrire : « Le fait extraordinaire qui me reste à rapporter fournit en effet l’exemple le plus cruel et le plus douloureux des conséquences fatales que peut entraîner une erreur commise dès la naissance dans la constitution de l’état civil. On va voir, la victime d’une semblable erreur, après vingt ans passés sous les habits d’un sexe qui n’est pas le sien, aux prises avec une passion qui s’ignore elle-même, avertie enfin par l’explosion de ses sens, puis rendue à son véritable sexe en même temps qu’au sentiment réel de son infirmité physique, prenant la vie en dégoût et y mettant fin par le suicide. Ce pauvre malheureux, élevé dans un couvent et dans des pensionnats de jeunes filles jusqu’à l’âge de vingt-deux ans, admis aux examens et pourvu du diplôme d’institutrice, vit à la suite des circonstances les plus dramatiques et les plus émouvantes son état civil réformé par un jugement du tribunal de La Rochelle, et ne put supporter l’existence misérable que son nouveau sexe incomplet lui imposa. Certes, dans ce cas, les apparences du sexe féminin ont été poussées bien loin, et cependant la science et la justice furent contraintes de reconnaître l’erreur et de rendre ce jeune homme à son sexe véritable …. Je n’hésite pas à publier presque en entier les mémoires d’Herculine Barbin, ne voulant pas laisser perdre le double et précieux enseignement qu’il renferme, d’une part au point de vue de l’influence qu’exerce sur les facultés affectives et sur les dispositions morales la malformation des organes sexuels, d’une autre part au point de vue de la gravité des conséquences individuelles et sociales que peut avoir une constatation erronée du sexe de l’enfant qui vient de naître9»

Les Souvenirs d’Herculine Barbin furent donc publiés par Tardieu afin d’appuyer son argumentation sur les effets néfastes causés par l’erreur d’assignation sexuelle et, surtout, d’établir un lien de causalité « rationnelle » et « scientifique » entre appartenance sexuelle et attirance sexuelle.

Herculine est élevée dans des institutions religieuses, fille parmi d’autres. À propos de sa réassignation de genre, elle écrit : « Ce qui s’était passé ne fut pas pour moi une révélation, mais un tourment de plus dans ma vie10. » Loin, donc, d’être une révélation qui la délivrerait d’un « mal » identitaire, cette véridiction lui cause bien plus de tourments. Et Foucault de commenter : « Les souvenirs de cette vie, Alexina les a écrits une fois découverte et établie sa nouvelle identité. Sa “vraie” et “définitive” identité. Mais il est clair que ce n’est pas du point de vue de ce sexe enfin retrouvé qu’elle écrit. Ce n’est pas l’homme qui parle enfin, essayant de se rappeler ses sensations et sa vie du temps qu’il n’était pas encore “lui-même”. Quand Alexina rédige ses mémoires, elle n’est pas très loin de son suicide ; elle est toujours pour elle-même sans sexe certain, mais elle est privée des délices qu’elle éprouvait à n’en pas avoir ou à n’avoir pas tout à fait le même que celles au milieu desquelles elle vivait, et qu’elle aimait, et qu’elle désirait si fort11. »

Pourtant, Alexina n’est pas « sans sexe certain » quand elle aime et qu’elle désire. Foucault passe sans doute un peu vite sur les modalités d’énonciation du texte d’Alexina. Même après sa réassignation de sexe par l’état civil, Alexina écrit ses souvenirs dans le genre grammatical féminin. En effet, Alexina, dans le langage qui la soutient, dans le corps de son écriture, aime en femme et aime les femmes : « J’étais généralement aimée [c’est elle qui souligne] de mes maîtresses et de mes compagnes, et cette affection, je la leur rendais bien. J’étais née pour aimer. … Je me liais bientôt d’une étroite amitié avec une charmante jeune fille nommée Thécla, plus âgée que moi d’une année. Certes, rien n’était plus opposé extérieurement que notre physique. Mon amie était aussi fraîche, aussi gracieuse que je l’étais peu. On ne nous appela que les inséparables, et, en effet, nous ne nous perdions pas de vue d’un seul instant. L’été on faisait l’étude dans le jardin, nous y étions l’une près de l’autre, les deux mains enlacées pendant que l’autre tenait le livre. De temps à autre le regard de notre maîtresse s’attachait sur moi au moment où je me penchais vers elle pour l’embrasser, tantôt sur le front, et, le croirait-on de ma part, tantôt sur les lèvres. Cela se répétait vingt fois dans une heure12. »

Née pour aimer, aimée de ses compagnes. C’est aussi ce désir et ces élans érotiques qui deviennent suspects pour le médecin et le juge de l’époque. C’est parce qu’en tant que femme elle désire une femme qu’Alexina est assignée par le corps médical à être un homme. À qui appartient un corps dans ce contexte ? À la grammaire du sujet ou à la subjectivité d’une époque? Pour Tardieu et les savants de l’époque : une femme qui aime et qui désire une femme ne peut être qu’un homme.

Par la suite, parvenue à l’âge adulte, Alexina fait connaissance d’une jeune femme avec qui elle tisse des liens amoureux et sexuels, et partage le même lit pendant une assez longue période : « Dans nos délicieux tête-à-tête, elle se plaisait à me donner la qualification masculine, que devait plus tard, m’accorder l’état civil13. » Dans le récit de ses jeux érotiques – sa compagne la nomme Camille dans leurs élans amoureux et sexuels – et de sa passion amoureuse partagée pour son amie Sara, Alexina déstabilise la langue, défait et perturbe la hiérarchie des genres, passant du genre masculin au genre féminin et le fait en toute conscience. C’est elle-même qui souligne les modifications de genre grammatical. « Je priai un soir mon amie de partager mon lit. Elle accepta avec plaisir. Dire le bonheur que je ressentis de sa présence à ses côtés, serait chose impossible ! J’étais folle de joie ! Nous causâmes longuement avant de nous endormir, moi les deux bras passés autour de sa taille, elle, reposant, le visage près du mien ! Mon dieu ! Ai-je été coupable ? Et dois-je donc ici m’accuser d’un crime ? Non, non ! Cette faute ne fut pas la mienne, mais celle d’une fatalité sans exemple, à laquelle je ne pouvais résister !!! Sara m’appartenait désormais !! Elle était à moi !! Ce qui dans l’ordre naturel des choses, devait nous séparer dans ce monde, nous avait unis !! Qu’on se fasse, s’il est possible, une idée de notre situation à tous deux14 ! »

« Folle de joie » dans l’élan érotique et passionné qui la lie à Sara, Alexina rappelée au monde dans lequel elle vit déplore et s’inquiète de la situation de tous deux. Élevée femme, instruite femme, « construite socialement femme » si je puis dire, vivant dans une communauté de femmes, son récit rapporte les effets catastrophiques sur sa vie et son corps de la « vérité médicale » de son sexe indéterminé. Les pratiques sexuelles sont ici rabattues sur la nécessité d’avoir un vrai sexe et de faire correspondre l’appartenance sexuelle à l’attirance sexuelle. Alexina est médicalement hermaphrodite, pourtant les conclusions du rapport d’expertise médicale affirment la « prédominance évidente du sexe masculin ». « Des faits ci-dessus que conclurons-nous ? Alexina est-elle une femme ? Elle a une vulve, de grandes lèvres, un urètre féminin. Ce sont là des attributs tout féminin : oui, mais Alexina n’a jamais été réglée ; tout l’extérieur du corps est celui d’un homme, mes explorations n’ont pu me faire trouver la matrice. Ses goûts, ses penchants l’attirent vers les femmes. Voilà les vrais témoins du sexe ; nous pouvons à présent conclure et dire : Alexina est un homme, hermaphrodite sans doute, mais avec prédominance évidente du sexe masculin15. »

Les vrais témoins du sexe sont donc les penchants qui l’attirent vers les femmes. Le désir érotique, tel est l’incontrôlable. Et ainsi que l’écrit Georges Canguilhem dans son article « La monstruosité et le monstrueux » : « Sous une forme rationalisée, donc affaiblie, nous retrouvons bien le monstrueux à l’origine des monstruosités16. » Le discours rationnel de la science médicale tend à démontrer en quoi des conformations physiques anormales sont l’indice de potentialités monstrueuses au plan social. Le monstrueux porte en lui le délictueux.

Alors, comme l’écrit encore Canguilhem, « en présence d’un oiseau à trois pattes, faut-il être plus sensible à ceci que c’est une de trop ou à cela que ce n’est guère qu’une de plus17 ? »

Mais que se passe-t-il lorsque Alexina a été rendue à « son vrai sexe » ? Ce qui pouvait être une « libération » pour aimer son amie Sara sans se cacher devint l’abîme dans lequel allait tomber Abel. Sa relation amoureuse et secrète trouve un terme, au moment même où elle aurait pu trouver sa légitimité, à savoir lors du changement de nom et de sexe dans l’état civil d’Herculine Barbin. Le « vrai sexe » d’Herculine, au lieu de la propulser vers une destinée, marquée du sceau de vérité et de liberté, la conduit vers des souffrances et des impasses dont la seule « vraie » issue sera la mort.

Elle écrit : « C’en était donc fait. L’état civil m’appelait à faire partie désormais de cette moitié appelé sexe fort. Moi, élevé jusqu’à l’âge de vingt et un ans dans les maisons religieuses, au milieu de compagnes timides, j’allais comme Achille laisser loin derrière moi tout un passé délicieux et entrer dans la lice, armé de ma seule faiblesse et de ma profonde inexpérience des hommes et des choses18 ! »

Ce « passage » dans l’univers masculin marqué par l’énonciation dans le genre masculin, alors qu’Alexina avait habitué son lecteur à un brouillage des genres, ou souligné le genre féminin, ne la réconcilie pas avec son « véritable sexe », n’engendre, en réalité, que du chagrin, de l’isolement et du désespoir.

Ce sont précisément ces passages de souffrance que Tardieu va s’employer à censurer, laissant quelques pages pour ne pas rompre l’élan de ce style d’écriture que Foucault considère comme « une manière de vivre », un style, un ton d’écriture qui sont aussi des façons d’être au monde : « ce style élégant, apprêté, allusif, un peu emphatique et désuet qui était pour les pensionnats d’alors non seulement une façon d’écrire, mais une manière de vivre19 ». C’est pourquoi Alexina peut écrire : « Cette lutte incessante de la nature contre la raison m’épuise chaque jour davantage et m’entraîne à grand pas vers la tombe. [...]. Ce jour arrivé, quelques médecins feront un peu de bruit autour de ma dépouille ; ils viendront en briser tous les ressorts éteints, y puiser de nouvelles lumières, analyser toutes les mystérieuses souffrances amassées sur un seul être. O princes de la science, chimistes éclairés, dont les noms retentissent dans le monde, analysez donc, s’il est possible, toutes les douleurs qui ont brûlé, dévoré ce cœur jusque dans ses dernières fibres ; toutes ces larmes brûlantes qui l’ont noyé, desséché sous leurs sauvages étreintes !20»

Alexina avait donc raison d’écrire qu’elle allait devenir l’objet du regard et du langage de la science, mais non pas, comme elle le dit, pour « analyser toutes les douleurs qui ont brûlé, dévoré ce cœur jusque dans ses dernières fibres », mais pour ouvrir, disséquer, porter un regard expert sur le réel d’un corps : les médecins essayant d’atteindre « l’idéal d’une description exhaustive ». Cette visibilité a été tellement recherchée que Félix Nadar, le photographe de l’époque, a pu faire des clichés d’hermaphrodites dont il est dit qu’il s’agirait d’Herculine Barbin.21 Cette volonté d’exactitude de description du réel repose sur le postulat que, comme l’écrit Foucault, « tout le visible est énonçable et qu’il est tout entier visible parce que tout entier énonçable22 ».

La souffrance d’Abel contrevient alors à l’idée défendue par les médecins sur la nécessité de « rendre » à l’individu son véritable sexe – tout en le libérant de son faux sexe –, ce qui devrait naturellement le réconcilier avec sa vraie nature. Selon Tardieu, l’accablement moral d’Abel n’est pas directement lié au changement de nom et de sexe dans les registres de l’état civil à l’âge adulte, mais à la constatation erronée du sexe à la naissance. « Les combats et les agitations auxquels a été en proie cet être infortuné » ne sont que les « conséquences individuelles et sociales que peut entraîner une erreur commise dès la naissance dans la constitution de l’état civil »23.

La médecine corrige le tort fait au sujet. Tardieu et ses savants confrères ne remettent jamais en question la légitimité de l’acte de rectification de sexe d’Herculine. Ainsi que l’écrit Canguilhem : « Le propre d’une fausse science c’est de ne rencontrer jamais le faux, de n’avoir renoncé à rien, de n’avoir jamais à changer de langage. Pour une fausse science, il n’y a pas d’état pré-scientifique. Le discours de la fausse science ne peut pas recevoir de démenti. Bref la fausse science n’a pas d’histoire24. » Précisément, ce que caviarde Tardieu, c’est l’histoire et le récit des souffrances d’Abel, ex-Alexina, il passe sous silence la parole et le récit écrit après le changement d’état civil. L’histoire du sujet ne l’intéresse pas. Ici, seule la maladie parle et exige du médecin sa parole savante.

On peut donc constater que dans ce contexte la sexualité et les pratiques sexuelles sont l’objet et l’enjeu d’un discours scientifique qui détermine l’identité d’un sujet. La vérité d’un sujet serait réductible à son identité sexuelle. Selon Foucault, avec la sexualité et son dispositif discursif, le sujet est devenu un « homme psychologique ». Alors « avons-nous vraiment besoin d’un vrai sexe ? » telle est la question quelque peu provocatrice que pose Michel Foucault dans son texte de présentation à l’édition d’Herculine Barbin dite Alexina B.25. La vérité n’est-elle pas alors au service d’une catégorisation du moi que le sujet intériorise lui-même pour être identifié, reconnu dans le regard de l’autre ? La sexualité a été l’un des champs soumis à ce régime de véridiction afin de constituer l’identité et la personnalité d’un sujet . Et la médecine moderne s’est introduite dans ce champ de véridiction.

Le doute visuel pour Caster Semenya ou le doute sexuel pour Alexina font vaciller un discours scientifique qui prétend à « la vérité du sexe ». La normalisation d’un corps passe par la reconnaissance visible d’une appartenance à un sexe et un seul.

Michel Foucault écrit : «  On a mis bien longtemps à postuler qu’un hermaphrodite devait avoir un seul, un vrai sexe ». Foucault décrit à la suite de son texte que pendant des siècles, on a admis qu’il en avait deux. Au Moyen Âge, c’était le rôle du père ou du parrain (de ceux, donc, qui “nommaient” l’enfant), de fixer, au moment du baptême, le sexe qui allait être retenu. Puis à partir du xviiie siècle, les théories biologiques de la sexualité ont conduit peu à peu à refuser l’idée d’un mélange des deux sexes en un seul corps et à restreindre par conséquent le libre choix des individus incertains. « Désormais, à chacun un sexe, et un seul. À chacun son identité sexuelle première, profonde, déterminée et déterminante. » Du point du vue médical, il s’agit désormais de déchiffrer quel est le vrai sexe qui se cache sous des apparences. Et Foucault de commenter :« Je sais bien que la médecine du xixe siècle et du xxe a corrigé beaucoup de choses dans ce simplisme réducteur …. Pourtant, l’idée qu’on doit bien avoir finalement un vrai sexe est loin d’être tout à fait dissipée. Quelle que soit sur ce point l’opinion des biologistes, on trouve au moins à l’état diffus, non seulement dans la psychiatrie, la psychanalyse, la psychologie, mais aussi dans l’opinion courante, l’idée qu’entre sexe et vérité il existe des relations complexes, obscures et essentielles. On est, c’est certain, plus tolérant à l’égard des pratiques qui transgressent les lois. Mais on continue à penser que certaines d’entre elles insultent à “la vérité” … on est disposé peut-être à admettre que ce n’est pas une grave atteinte à l’ordre établi ; mais on est assez prêt à croire qu’il y a là quelque chose comme une “erreur”. Une “erreur” entendue au sens le plus traditionnellement philosophique : une manière de faire qui n’est pas adéquate à la réalité ; l’irrégularité sexuelle est perçue peu ou prou comme appartenant au monde des chimères26. »

 

Michel Foucault a étudié le discours sur le sexe qui établit historiquement le lien entre la sexualité, la subjectivité et l’obligation de vérité, une triade qu’il verse au compte de la psychanalyse comme héritière de cette scientia sexualis qui cherche la vérité au fond du sexe ; et qui serait supposée vouloir dire le vrai sexe et l’identité par l’usage de la norme, accompagnée d’une pratique de l’aveu.

Comme l’écrit Foucault : « Et puis on admet aussi que c’est du côté du sexe qu’il faut chercher les vérités les plus secrètes et les plus profondes de l’individu ; que c’est là qu’on peut le mieux découvrir ce qu’il est et ce qui le détermine ; et si pendant des siècles on a cru qu’il fallait cacher les choses du sexe parce qu’elles étaient honteuses, on sait maintenant que c’est le sexe lui-même qui cache les parties les plus secrètes de l’individu : la structure de ses fantasmes, les racines de son moi, les formes de son rapport au réel. […] Au point de ce croisement de ces deux idées – qu’il ne faut pas nous tromper en ce qui concerne notre sexe, et que notre sexe recèle ce qu’il y a de plus vrai en nous –, la psychanalyse a enraciné sa vigueur culturelle. Elle nous promet à la fois notre sexe, le vrai, et toute cette vérité de nous-même qui veille secrètement en lui27. »

Pourtant, Freud n’a eu de cesse de démontrer que l’enfant est un « pervers polymorphe » et que la sexualité infantile est le terreau de la vie psychique. L’ambiguïté du sexuel, l’étrangeté et la perversion polymorphe de l’invention freudienne sont recouverts par les discours de catégorisation, de normalisation.

Foucault critique dans la médecine relayée selon lui par la psychanalyse toute la violence des dispositifs de pouvoirs qui tendent à établir la vérité d’un corps, ou à caractériser le corps en vérité. Pour lui, le corps excède et déstabilise la vérité par le plaisir, irréductible à toute détermination ou toute catégorisation. Les corps et les plaisirs, ainsi qu’il le rappelle dans La Volonté de savoir, ont charge de rappeler le caractère précaire, contestable et potentiellement violent de toute caractérisation du corps en vérité, en faisant valoir ce qui excède et déstabilise celle-ci. Les corps et les plaisirs doivent être préservés, défendus et affirmés contre toute prétention à déterminer définitivement ce qu’il en est du corps.

L’analyse qu’il propose du mémoire rédigé par Herculine est en effet traversée par une opposition entre la différence sexuelle, gage d’identité subjective, à laquelle Herculine est assignée, et les différences corporelles qui relèvent de l’expérience et de ses pratiques.

Tout se passe comme si la définition médicale, juridique et normative du corps devenait la loi morale d’une multiplicité des corps plus ancienne qu’elle, multiplicité interdisant du coup de considérer les diverses versions de l’individualité moderne comme évidentes, satisfaisantes et définitives. Et Foucault insiste sur l’écart entre les formes de mise en ordre sociale ou discursive du corps et le désordre qui leur résiste : comme un rappel à ne pas négliger ce qu’enveloppe de grave le geste de ramener le pluriel à l’unité.

Ce refus foucaldien d’identifier un individu par et à travers sa sexualité, Jean Allouch le prolonge d’une devise : « Il n’y a pas de vérité du sexe. » ou encore « chacun est à lui seul une minorité sexuelle ».

Pourtant, et « il faut être juste avec Freud », pour reprendre une expression de Foucault lui-même, même si la psychanalyse dans ses développements discursifs a délimité les contours de la sexualité dans les normes de son temps, il faut reconnaître à Freud d’avoir théorisé la perversion polymorphe, la sexualité infantile, l’inconscient qui ne connaît pas la différence des sexes et avec tout cela le concept de pulsion. Je le rappelle, la pulsion n’a pas d’objet ou de but prédéterminé. et Freud écrit dans les Trois essais sur la théorie du sexuel en 1915 : « Selon la manière de voir de la psychanalyse, l’intérêt sexuel exclusif de l’homme pour la femme est donc également un problème nécessitant éclaircissement et pas une chose allant de soi, pour laquelle on pourrait présupposer à la base une attirance chimique28. »

L’élan érotique d’Alexina la menait vers les femmes, était-ce suffisant pour déterminer son « vrai sexe » ? Lorsqu’Alexina devient Abel, il rompt sa relation avec son amie Sara, c’est là que la pulsion peut faire entendre quelque chose qui fait obstacle, scandale donc pour l’époque. C’est sans doute à cette écoute que le praticien freudien peut se délester de ses propres normes et discours. Rompre alors avec l’idéal d’un certain savoir, contourner les « idéauxlogies », se dépendre du discours du Maître.

Pour conclure je voudrais citer Marie-José Mondzain qui écrit « il y a des visibilités qui personnifient un discours, c'est toujours le discours du maître. Dès lors, le visible endoctrine et incorpore le spectateur à la visibilité d'un corps personnifiant, qui n'est autre que le corps du discours qui le sous-tend. Le discours du maître soumet le regard au visible et l'engloutit dans l'assentiment. Tout autres sont les visibilités dont la forme ne personnifie rien et qui sont habitées par la parole …. Dans ce cas le visible met le spectateur dans une place où l'image reste à construire29»

Le « doute visuel », les tests médicaux, l’absence de parole singulière, telles ont été les pratiques des Tardieu et autres médecins légistes. Le regard qui scrute un corps a comme visée de lui donner une signification sexuelle, une identité sexuée. Constater l’erreur, tel est le projet « médico-juridique » des Tardieu actuels ou de l’époque, établir un régime de véridiction qui dit non seulement ce qui est, mais ce qui doit être du désir, des pratiques corporelles ou sexuelles. La bizarrerie d’un comportement par l’attirance sexuelle ou par la performance corporelle produit une visibilité, une représentation imaginaire. Le corps est alors la proie d’un visible captif de l’imaginaire.

Il reviendrait au discours de l’analyse de soumettre au jeu du questionnement « le dynamisme du travail de la vérité30 » comme le dit Lacan, sa part conflictuelle et dialectique. Ainsi que l’écrit Lacan, le discours analytique se spécifie, se distingue « de poser la question d’à quoi sert cette forme de savoir, qui rejette et exclut la dynamique de vérité31 ». La dynamique c’est-à-dire sa potentialité conflictuelle, celle d’un non-savoir.

 

1 Foucault, Michel (1963), Naissance de la clinique, Paris, PUF, p. 38.

2 Id. (1976), La Volonté de savoir, t. I d’Histoire de la sexualité, Paris, Gallimard, pp. 60-61.

3 Foucault, Michel (1970), L’Ordre du discours, Paris, Gallimard, 1971, p. 55.

4 Tardieu, Ambroise (1857), Les Attentats aux mœurs, Grenoble, Jérôme Millon, 1995.

5 Ibid., p. 389.

6 Vigarello, Georges, « La violence sexuelle et l’œil du savant », in Tardieu, A., Les Attentats aux mœurs, op. cit., p. 23 et 24.

7 Ce manuscrit fut rendu public pour la première fois par Tardieu dans Question médico-légale dans ses rapports avec les vices de conformation des organes sexuels, Paris, Baillière, 1872. Le manuscrit ne fut pas publié dans son intégralité : « Manque, d’abord et surtout, une partie des souvenirs d’Alexina. Tardieu semble avoir reçu le manuscrit complet des mains du médecin, le docteur Régnier, qui avait fait le constat de décès et pratiqué l’autopsie. Il l’a gardé, ne publiant que la partie qui lui paraissait importante. Il a négligé les souvenirs des dernières années d’Alexina – tout ce qui, selon lui, n’était que plainte, récriminations et incohérences. Malgré les recherches, il n’a pas été possible de retrouver le manuscrit que Tardieu a eu entre les mains. » (Foucault, M., dans Barbin, H., Mes souvenirs, op. cit,, p. 131.

8 Goujon, E., « Etude d’un cas d’hermaphrodisme imparfait chez l’homme », in Barbin, H., Mes souvenirs, op. cit., p. 142.

9 Tardieu, A., in Barbin, H., Mes souvenirs, op. cit., p. 137. C’est moi qui souligne.

10 Barbin, H., Mes souvenirs, op. cit., 41.

11 Foucault, M., « Le vrai sexe », art. cité, p. 939 ; je souligne.

12 Barbin, H., Mes souvenirs, op. cit., p. 35.

13 Ibid., p. 68.

14 Ibid., p. 61.

15 Chesnet, Dr, Question d’identité ; vice de conformation des organes génitaux externes ; hypospadias ; erreur sur le sexe, rapporté par Michel Foucault dans Barbin, H., Mes souvenirs, op. cit., p. 142, c’est moi qui souligne.

16 Canguilhem, Georges (1965), La Connaissance de la vie, Paris, Vrin, 2003, p. 225.

17 Canguilhem, G., La Connaissance de la vie, op. cit., p. 222.

18 Barbin, H., Mes souvenirs, op. cit., p. 102.

19 Foucault, M., « Le vrai sexe », art. cité, p.API standards 938.

20 Barbin, H., Mes souvenirs, op. cit., p. 116-117.

21 Je renvoie au livre de Magali LE MENS et Jean-Luc NANCY, L’hermaphrodite de Nadar, Paris Créaphis, Editions, 2009.

22 Foucault, M., Naissance de la clinique, op. cit., p. 116.

23 Barbin, H., Mes souvenirs, op. cit., p. 48.

24 Canguilhem, Georges (1977), « Qu’est qu’une idéologie scientifique ? », Idéologie et rationalité dans l’histoire des sciences de la vie, Paris, Vrin, 2009, pp. 39-55, p. 46.

25 Id., « Le vrai sexe », in Dits et Écrits, t. II, Paris, Gallimard, coll. « Quarto », 2001, pp. 934-942, p. 935.

26 Ibid., p. 935.

27 Foucault, M., « Le vrai sexe », art. cité, p. 937.

28 Freud, Sigmund (1905), Trois essais sur la théorie sexuelle, tr. fr. (1987), Paris, Gallimard, p. 51.

29 Mondzain Marie-José (2003), L'image peut-elle tuer? Paris, Bayard, , p.61.

30 Ibid., p. 103.

31 Ibid. Je souligne.



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- Auteur : Laurie Laufer
- Titre : À propos d’Herculine Barbin : « le vrai sexe » Laurie Laufer
- Date de publication : 23-12-2010
- Publication : Revue Silène. Centre de recherches en littérature et poétique comparées de Paris Ouest-Nanterre-La Défense
- Adresse originale (URL) : http://www.revue-silene.comf/index.php?sp=comm&comm_id=26
- ISSN 2105-2816